Interview de Monsieur Slim Othmani
1- Monsieur Slim Othmani, vous êtes membre du FCE (Forum des Chefs d’Entreprises) et membre fondateur de CARE (Cercle d’Action et de Réflexion autour de l’Entreprise) et de l’APAB (Association des Producteurs Algériens de Boissons). Quelle a été votre motivation principale pour rejoindre/ constituer ces associations ?
« Je considère que le bien-être social doit être un des seuls et uniques ressorts de la dynamique d’un système économique. Bien vivre, bien produire et s’épanouir. On ne peut pas créer un bien-être social sans la richesse, en revanche, on peut créer de la richesse sans engendrer de bien-être social ».
Fort de ce constat, Slim Othmani (patron des Nouvelles Conserveries Algériennes) contribue à l’amélioration d’un environnement des affaires encore peu propice à la performance.
Son action est tripolaire à leviers complémentaires intervenant à plusieurs niveaux :
· CARE est un espace de liberté de réflexion, où chacun des membres soumet des sujets « difficiles » et où l’ensemble de ceux- ci « cogite » à des solutions argumentées.
· Le FCE porte en lui les germes d’un futur patronat algérien. Il regroupe les principaux intervenants économiques du pays. Il est force de proposition de réformes auprès du gouvernement algérien.
· L’APAB est née d’un besoin des acteurs du domaine de la boisson de relayer l’information les concernant. C’est un travail de filière, focalisé où divers acteurs portent leurs messages.
2- Ces associations se veulent force de proposition pour l’amélioration du climat des affaires. Quelles sont d’après vous les réformes prioritaires à mettre en place en termes d’attractivité des investisseurs ?
« Je considère les qu’il y a des conditions préalables essentielles à la réussite de réformes pour l’attractivité de l’investissement.
En premier lieu, je considère comme essentiel de rebâtir le capital confiance entre l’administrateur et l’administré. Les instruments de la confiance doivent absolument retrouver leur place via des règles stables et la mise en œuvre de véritables espaces de recours neutres.
Le pays doit apprendre à se marketer, il doit changer son image et aller vers une interface accueillante. Ceci passe par la formation des agents économiques à la culture du service, la décentralisation et la communication. Il faudrait de manière très urgente formaliser, donc rendre transparentes toutes les procédures par lesquelles doit passer un investisseur voire même le citoyen. »
3- Le MPPI a lancé un projet de simplification des procédures d’enregistrement des entreprises aux Guichets Uniques de l’ANDI (expérience pilote à Blida). Qu’en pensez-vous ?
« Sur le principe, excellent, et j’encourage une mise en place rapide de ce type de dispositif ».
Monsieur Othmani émet cependant « quelques réserves quant au nombre et à la variété des documents requis».